Les Apprentis Sages

L’accompagnement du maternage au naturel

 

Pourquoi vous êtes si nombreux en « cododo »… mais Chut ! 20 avril, 2010

Classé dans : Co-dodo — lesapprentissages @ 9:29

Par Edwige Antier, Pédiatre, auteur de « Elever mon enfant aujourd’hui »

La vidéo sur : http://www.grainedecurieux.fr/Graine-De-Parents/S-Eveiller-Et-Grandir/Developpement-Enfant/Pages/Pourquoi_vous_etes_si_nombreux_en_cododo_mais_Chut.aspx

Je dois vous l’avouer, Docteur, il finit dans notre lit… » Attention ! Sujet tabou !

Les troubles du sommeil, une épidémie chez nos jeunes enfants ?


 

Ils se retrouvent dans 80% des consultations entre 1 et 3 ans…

Soit votre enfant ne veut pas aller au lit le soir alors que vous êtes épuisés et avez besoin d’une soirée de couple, soit il se réveille une fois, deux fois la nuit, voire plus, en pleurant, jetant ses tétines et réclamant votre venue.

Vous vous demandez s’il n’a pas mal à ses dents en pleine poussée, un rhume qui l’empêche de respirer ou se complique d’une otite ou peut-être des remontées acides de son estomac…

Mais les traitements de toutes ces causes ne changent souvent rien, il ne parvient pas à s’endormir ni à faire sa nuit entière… et vous non plus ! C’est la porte ouverte à de sévères crises de couple…

Une histoire, deux histoires, trois câlins et quatre baisers plus tard… vous êtes toujours là, à vous relayer pour essayer d’endormir un petit qui lutte et vous rappelle. Maman finit par s’allonger près de lui et s’endort elle-même d’un sommeil de bébé… tandis que le père se résigne à manger son repas froid tout en pianotant solitaire sur Internet. Chacun se reproche son laxisme ou son apathie.

Quand enfin, vous pouvez vous retrouver dans le grand lit, votre sommeil est interrompu par les pleurs de monsieur bébé, debout derrière ses barreaux, après un jeté de sucette. Elle dit de résister, lui finit par y aller, ou vice versa. « Tu es fusionnelle » ou « tu lui passes tout », vous êtes épuisés et l’enfant finit dans votre lit. « Il a gagné! » m’avouez-vous les yeux cernés sur un ton culpabilisé. Combien de fois m’avouerez-vous ne pas être prête à faire le petit deuxième dont vous rêviez à cause de ces nuits entrecoupées !

 

Pourquoi ces nuits difficiles ?

Il faut bien comprendre la maturation du sommeil au fil de l’âge :

-         Dans les semaines qui suivent la naissance, le rythme se fait sur 24heures par tous petits cycles de quelques minutes en sommeil profond (les jambes et les bras ont des secousses), quelques minutes en sommeil paradoxal (le bébé sourit, cligne des yeux), quelques minutes d’éveil, les yeux entrouverts scrutant l’environnement.

-         Vers trois mois, le bébé commence à sauter sa tétée de nuit, il peut dormir quelques heures d’affilée. A six mois, c’est le nirvana : il a une vraie nuit de cycles plus longs, et deux petites siestes. 

-         A 9 mois, il a peur de s’endormir seul le soir et entre chaque cycles de deux à trois heures. C’est « l’angoisse de séparation » dont vous pouvez faire le diagnostic par rapport aux causes médicales évoquées plus haut : dès que vous prenez l’enfant avec vous, il s’endort ! Cette angoisse va durer plus ou moins longtemps selon la façon dont vous allez vous y prendre…

Un petit mot d’histoire

Dans nos fermes il n’y a pas si longtemps, tout le monde dormait ensemble dans l’unique pièce chauffée, avec la brebis et la chèvre. On racontait des histoires à la veillée, on édulcorait « Le Petit Chaperon Rouge » pour ne pas choquer les oreilles des plus jeunes qui s’endormaient contre les parents.

Dans la paillote asiatique de mon enfance, il n’y avait qu’un bas-flanc pour tout le monde, grande table de bois.

Dans la case mélanésienne de mes années lycées, c’était la natte à terre pour tout le monde.

Et puis, avec la civilisation industrielle, c’est chacun dans sa case, papa et maman ensemble, mais bébé dans son lit à barreaux pour ne pas pouvoir en sortir.

Sauf qu’il n’est pas génétiquement programmé pour cette séparation précoce, et son angoisse détruit vos nuits et déstabilise votre couple… Au nom d’une autonomie à marche forcée qui ne correspond pas à l’horloge de votre petit.

Alors comme vous êtes de bonnes personnes, avec un coeur, vous y allez, vous y retournez, et vous ignorez qu’il est venu se glisser dans le grand lit… Chut !  

 Le « cododo », est-ce dangereux ?

Quand le bébé vient de naître, il doit dormir dans votre chambre pendant ses six premiers mois. C’est la meilleure prévention des malaises du nourrisson. Non parce que vous allez rester les yeux ouverts à le surveiller, mais parce que, sorti de votre ventre bruyant, il a besoin de vous entendre vivre, papa qui ronfle, maman qui bouge, pour maturer ses propres cycles de sommeil.

Dans la chambre ou dans le lit ?

Difficile d’allaiter sans garder bébé contre soi, car il suffit que vous le poussiez pour en vouloir reprendre le sein. C’est si doux… Attention ! disent les référents de la mort subite, vous pourriez étouffer votre bébé. Bien sûr, vous n’allez pas vous endormir vautré sur votre bébé au risque de l’étouffer, avec la couette par-dessus ! Je vois toute une recherche en Allemagne et aux Etats-Unis pour des systèmes de lit en « side-car » qui permettent de mettre bébé près de soi en sécurité.

Plus grand, quand vient l’angoisse de la séparation, rassurer l’enfant de votre présence n’est pas un problème à certaines conditions :

- Que l’enfant ne serve pas à combler le vide de votre couple : ce n’est pas votre compagnon ! Je déconseille de mettre le bébé dans le lit conjugal. Mieux vaut installer un lit d’appoint dans sa chambre pour rester prés de lui. Je rêve d’une maison à 3 chambres : la chambre de l’enfant, la chambre des parents, et la chambre familiale (comme dans nos châteaux fort).

- Que vous respectiez les principes de pudeur : un pyjama ample, un autre lieu pour les câlins de couples (un peu d’imagination…).

- Que ce soit réglé vers 4 ans, au moment de ce qu’on appelle « la résolution du complexe d’Oedipe ». Si ce n’est pas le cas, vous faire aider par un « psy ».

Le laisser pleurer ? Jamais !

Je vois des petits qu’on laisse sangloter, debout derrière leurs barreaux, se vomir dessus ne sachant plus comment faire venir ceux dont il dépend : ses parents. Plus vous laissez pleurer un enfant, plus il angoissera d’aller au lit. Ce sont les mêmes que nous retrouverons à l’adolescence ne pouvant pas se coucher…

Plus vous dites à votre petit : « ne t’inquiète pas, nous sommes toujours là et te répondons, te rassurons », plus son sommeil maturera dans la sérénité et mieux il sera construit en grandissant. Ce sera bientôt lui qui revendiquera son espace la nuit. Et dormira tranquillement. Et finalement, moins vous vous serez querellés pour l’endormir, moins vous aurez lutté contre lui, entre vous, et moins vous serez épuisés !

 

Va-t-il prendre des mauvaises habitudes ?

Oui, celle d’être heureux et d’avoir confiance en ses parents !

Edwige Antier, Pédiatre, auteur de « Elever mon enfant aujourd’hui »

 

 
 

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